COMMUNIQUES FFMC NATIONALE

Contrôle technique européen : un gros business

Mais la sécurité routière dans tout ça ?

La Commission Européenne présente un projet de contrôle technique unifié. Concernant tous les véhicules, y compris les deux-roues de toutes cylindrées, encore plus fréquent que les CT actuels, il ne répond pas à la principale critique : l’état du véhicule n’est pas un facteur d’accident.

Les précédentes tentatives d’imposer un contrôle technique aux deuxroues ont toujours été repoussées, avec un argument-clé largement prouvé : les défaillances techniques ne sont PAS à l’origine des accidents (moins de 0,7% selon le rapport MAIDS et les assureurs). Mais le lobby des centres de contrôle et d’autres forces commerciales passe aujourd’hui par un autre biais : l’uniformisation des CT à travers l’Union. Entre autres, ce texte prévoit une fréquence plus rapprochée (quatre ans, puis deux, puis tous les ans), qui impactera tout autant les automobilistes.

Pourquoi un tel acharnement à instaurer un CT inutile et que les usagers refusent massivement ? Le gâteau à se partager d’au moins 1,5 milliards d’Euros annuels rien que pour les deux-roues est une raison.

Accélérer l’obsolescence du parc dans l’espoir de booster les ventes peut en être une autre. Agir pour la sécurité routière ? Ce dernier argument est le plus fragile tant les données pour le contredire sont nombreuses.

Que le contrôle technique soit une opportunité commerciale, oui. Qu’il apporte quoi que soit en termes d’accidentalité, non. Ce ne sont pas les véhicules qui font les accidents, mais les comportements. Au niveau national comme européen, la politique de sécurité routière doit se faire AVEC les usagers, pas contre eux ni à leurs dépends. Réunis au sein de la FEMA (Fédération Européenne des Associations Motardes*), les motards de tous les pays, dont la FFMC pour la France, entendent bien le faire savoir.

Contacts presse : Frédéric Jeorge – 06 11 03 13 98

Nathanaël Gagnaire – 06 83 91 65 27

http://www.fema-online.eu/index.php?page=rwt

DU NOUVEAU SUR LE CT EUROPEEN

Les nouvelles qui fâchent sont toujours publiées ou votées en plein break estival, où il est plus difficile de mobiliser les citoyens et fait perdre un temps précieux pour organiser la résistance. La FEMA vient de mettre la main sur le projet abouti de Contrôle Technique européen qui sera présenté à la rentrée, dont le contenu est relativement définitif. Heureusement, ça ne veut pas dire qu’il sera voté en l’état dès la rentrée, il y en a pour des mois, voire des années, et on peut s’attendre à de très nombreux amendements, dont beaucoup que nous devrons provoquer par nos actions et notre lobbying.Tout le travail fait jusqu’ici et les 130.000 signatures déposées à la commission ont permis de repousser jusqu’à l’enterrer le CT spécifique pour les motos. Mais le lobby des centres de contrôle et d’autres forces commerciales sont passées par un autre biais : l’uniformisation des CT à travers l’Union, il faut donc recommencer une fois de plus.La bonne nouvelle, c’est que ce texte va si loin qu’il va bien nous aider à rallier à notre cause les autres catégories d’usagers et même les pays qui ont déjà un CT relativement light. La mauvaise, c’est que ce n’est pas un projet de directive, mais bien une réglementation européenne, qui réduira énormément la marge de manœuvre des états-membres.  

EN QUELQUES MOTS, LE PROJET ACTUEL :

- S’appliquera à TOUS les véhicules à moteur, du cyclomoteur au 44 tonnes- La fréquence minimale prévue (les pays pourront toujours demander encore plus) sera de quatre ans à partir de l’achat du véhicule neuf, puis après deux ans, puis TOUS LES ANS.- Toute modification d’un véhicule devra être validée par un passage spécial en CT, et chaque transaction pour la vente de véhicule d’occasion devra être accompagnée d’un certificat de CT récent.- Le contenu même du contrôle n’est pas encore exactement défini, mais pourrait pour le coup être différent d’un pays à l’autre, annulant donc le seul avantage d’un CT unifié : sa validité d’un bout à l’autre de l’Europe.- On ne sait pas non plus si ce serait effectué dans des centres dédiés, des garages certifiés, ou encore chez n’importe quel mécano, les 3 systèmes existant actuellement, et chacun posant des problèmes.  

EN SOUTIEN DE CE PROJET, ON TROUVE NOTAMMENT :

- Les différentes chaînes de CT, sans surprise, qui entendent bien se partager un gâteau annuel minimum (rien que pour les deux-roues !) de plus d'un milliard d’Euros. Ils ont réussi à sortir une étude disant que 7% des accidents de moto étaient dus à une défaillance technique… on demande à voir leurs sources.- Les constructeurs, qui y voient (naïvement à notre avis) une façon de booster les ventes de véhicules neufs dans un marché en berne, ainsi qu’une potentielle activité complémentaire pour leurs ateliers.- Des politiciens qui doivent s’ennuyer, et en pleine crise économique, menaces sur l’emploi etc., ne trouvent rien de mieux à faire que passer du temps sur un projet comme ça, unanimement rejeté par les usagers. Mais qui donne l’impression d’agir pour la SR…  

NOS PRINCIPAUX ARGUMENTS CONTRE :

- Les études des chaînes de CT ne sont pas crédibles, il n’y a aucun nouveau chiffre pour contredire l’étude la plus sérieuse sur le sujet (MAIDS) et ses 0,7% de défaillance technique potentielle, et tous les chiffres fiables et de bon sens, notamment des assureurs et des experts de la question, qui savent bien que les comportements sont LA cause d’accidents.- Ce n’est pas parce qu’un véhicule présente lors d’une expertise après coup une défaillance par rapport à un point précis du CT que c’était LA cause de l’accident (par exemple une ampoule arrière grillée fait compter le véhicule comme défaillant… même si le crash est une collision frontale).- Les pays ayant les meilleurs taux d’accidents notamment deux-roues (par exemple Hollande et Finlande), n’ont pas de CT.- C’est une nouvelle mesure discriminatoire : ceux qui n’ont pas les moyens de changer régulièrement de véhicule seront ceux à qui on fera payer le plus de contrôles (tous les ans à partir de la 7ème année !), alors qu’il n’est pas prouvé qu’ils sont plus impliqués dans les accidents.- De façon générale, AUCUNE étude n’a jamais réussi à prouver que les CT, auto ou moto, avaient un impact sur l’accidentalité. Ils laissent rouler moins de vieux trucs, oui, mais ce ne sont pas forcément les véhicules anciens qui ont des accidents, au contraire même dans le cas des deux-roues.- Même l’argument environnemental n’est pas suffisant : pousser les gens à renouveler leur véhicule est peut-être bon pour le commerce, mais le bilan écologique global est négatif en détruisant un véhicule amorti pour le remplacer par un neuf, même s’il pollue un peu moins en fonctionnement que le vieux. 

LES ACTIONS A PREVOIR :

- Un GT spécial est constitué au niveau européen, que la FFMC va sans doute animer vu son expérience sur le sujet, vous aurez régulièrement de ses nouvelles.- Une communication intensive va se mettre en place pour alerter les citoyens européens sur cette nouvelle arnaque communautaire (Facebook, site dédié, autocollants…)- Nous allons essayer de reproduire au niveau européen l’expérience de l’Union des Usagers de la Route, qui pour un temps au moins a permis un très beau coup d’éclat. C’est très ambitieux et sans garantie, mais pourquoi pas ?- Enfin, bien qu’il soit très difficile de faire descendre dans la rue les usagers de certains pays et associations, nous ne désespérons pas d’organiser une manif synchronisée à l’échelle européenne. Vous aurez bien sûr d’autres nouvelles dès que possible, nous sommes déjà à l’écoute de toute suggestion, proposition de graphisme ou d’action, etc. (en anglais dans la mesure du possible, sinon on traduira).C’est un nouveau combat de longue haleine qui se prépare, sur lequel les motards seront à nouveau en pointe, qui va devoir se jouer finement et à grande échelle car il concerne rien moins qu’un demi-milliard de citoyens européens, contre de très puissants lobbies. Et comme disait mon pote Machiavel : « La meilleure forteresse des tyrans c’est l’inertie des peuples. » 

http://www.fema-online.eu/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&cntnt01articleid=301&cntnt01returnid=15 

A très bientôt, Frédéric – BN / FEMA

 

Des signaux mitigés du nouveau gouvernement en matière de sécurité routière

  Le nouveau gouvernement annonçait un changement, mais ses choix concernant la Délégation à la Circulation et la Sécurité Routière restent sur la droite ligne de son prédécesseur… pour le moment. 

Rejetant la demande de nombreuses associations impliquées sur le sujet, Fédération Française des Motards en Colère en tête, la DSCR reste rattachée au ministère de l’intérieur. Son départ des Transports en 2010 étant un symbole explicite de l’orientation tout-répressif de la politique de la route, nous demandions qu’elle y revienne, ou qu’elle passe sous l’égide du premier ministre. C’est en effet un dossier transversal, qui ne peut s’aborder efficacement que via ses différents acteurs : éducation, transports, environnement, et aussi répression, oui, un peu, mais pas que ça ! 

Autre symbole, aujourd’hui le nouveau délégué à la sécurité routière a été nommé : Frédéric Péchenard, ancien chef de la brigade de la répression du banditisme, précédemment directeur général de la police nationale, et ami d’enfance de Nicolas Sarkozy. Comme signe d’ouverture et de changement d’état d’esprit, on a vu mieux. Est-ce l’aveu du manque d’intérêt du gouvernement pour ce dossier, ou une punition pour cet ami de l’ancien président ? Dans les deux cas, on ne peut pas dire que sur ce plan la nouvelle mandature commence sous les meilleurs auspices. 

Cependant, le nouveau ministre de l’Intérieur ayant par ailleurs annoncé la fin de la politique du chiffre, la FFMC reste ouverte au dialogue et constructive, elle attend de rencontrer M. Péchenard pour se prononcer. En 33 ans, elle aura vu passer bien des gouvernements et bien des DISR ; elle recommencera donc, une fois de plus, à expliquer et à démontrer qu’une autre politique de sécurité routière est possible, et qu’elle doit se faire avec les usagers de la route et non contre eux.   

Contacts presse : Eric Thiollier – 06 70 09 55 16Frédéric Jeorge – 06 11 03 13 98

 

Pour une autre politique de sécurité routière

Pour une meilleure formation des conducteurs

dès l'apprentissage

Pour une sensibilisation des automobilistes à la vulnérabilité des deux-roues motorisés

Pour le développement du continuum éducatifdès l'adolescence

Pour l'incitation au port d'un équipement par conviction, par plaisir et non pas par contrainte

Pour inciter les constructeurs à améliorer la sécurité activeet passive des deux-roues motorisés

Pour l'intégration des deux-roues motorisés dans la conception des infrastructures routières et urbaines

Pour le rétablissement des éclairages supprimés sur les voies rapides et urbaines

Pour une révision du code de la route axée sur le partage de la route

Pour une meilleure compréhension de l'accidentalité des deux-roues motorisés qui donneront des actions plus efficaces

Pour des circuits plus accessibles, pour une meilleure intégration des deux-roues motorisés, pour une meilleure reconnaissance des loisirs verts et des véhicules de collection