Droit de réponse à l'article publié le 11 décembre 2015 sous le titre « Radars : une douzaine de vies épargnées dans le Puy-De-dôme depuis 2003 »(ci-dessous). A l'attention de Monsieur Jean-Baptiste LEDY.

Monsieur,

Dans votre article du 11 décembre concernant l'efficacité des contrôles radars automatisés sur la base des éléments communiqués par la Préfecture du Puy de dôme, vous mentionnez la « faible sensibilité » des motocyclistes aux contrôles de vitesse du fait de l'absence de plaque d'immatriculation à l'avant des véhicules.

Il est bon de rappeler que la très grande majorité des appareils de contrôle automatisés, dont les radars tronçons, flashent l'arrière des véhicules donc également les motocyclettes. Les motards sont donc tout aussi « sensibles » aux contrôles automatisés que les autres usagers.

Vous mentionnez, à juste titre, l'absence de données pour faire un lien avéré entre vies épargnées et contrôles de vitesse automatisés. Malgré le nombre croissant de radars fixes et mobiles, sur notre département comme partout ailleurs, la mortalité routière est à la hausse. Contrairement à ce qui est trop souvent dit et écrit, elle est orientée à la baisse pour les motocyclistes comme le démontrent les chiffres officiels sur ces cinq dernières années. Plutôt que de stigmatiser les motards au regard des autres usagers, portons un autre regard en matière de sécurité routière.

On ne peut plus ignorer la part croissante du relâchement des comportements (alcoolémie, stupéfiants), de l'usage pourtant interdit du téléphone au volant, de l'assoupissement sur les longs trajets, de la non utilisation des clignotants ou tout simplement de l'absence de civisme. Autant de points qu'aucun appareil à ce jour ne peut contrôler automatiquement. Mais nous touchons là le domaine de la prévention qui est autrement plus complexe à aborder que la simple répression, source de rentrées financières considérables, et dont l'efficacité n'est pas avérée.

Comme vous l'indiquez au début de votre article, ce qui ne peut être contesté est bien la grogne des usagers au regard des montants drainés par les 115.000 flashes des contrôles automatisés en 2014. Si au moins la manne financière qui en découle servait à améliorer les infrastructures routières vieillissantes du département (autre facteur aggravant de la mortalité routière) ou encore le continuum éducatif des conducteurs ... mais chacun sait que ce n'est malheureusement pas le cas !

FFMC63

Radars: une douzaine de vies épargnées dans le Puy de Dôme depui 2003 (La Montagne)
Les radars automatiques suscitent la grogne des automobilistes. Mais ils participent aussi à sauver des vies. C'est ce que veut démontrer une récente étude.
Flashes, amendes, retraits de points. C'est le refrain bien connu des automobilistes qui, à longueur d'années, sont obligés de relever leur pied de l'accélérateur pour ne pas chanter à nouveau cette chanson. Pour la seule année 2014, ces chères petites boîtes qui bordent les routes ont crépité pas moins de 115.000 fois dans le Puy-de-Dôme.
Ça, c'est le côté face. Le côté pile, comme l'a calculé la Direction de la sécurité et de la circulation routières (DSCR), ne se mesure pas en message d'infraction, mais en vies.
Des données qui seront actualisées chaque année.
« Dans le Puy-de-Dôme, ce sont 75 accidents et 12 vies qui ont été épargnées depuis la mise en place des radars », résume la préfecture du Puy-de-Dôme.
Pour parvenir à ces résultats, la DSCR s'est livrée à un savant calcul. Elle a comparé les chiffres de l'accidentalité d'un axe routier cinq ans avant et cinq ans après la mise en place du radar, et ce sur une portion de route allant d'un kilomètre en amont à quatre kilomètres en aval. Cette étude ne porte donc que sur les douze radars installés entre 2003 et 2009.
« C'est la première fois, à ma connaissance, qu'une telle étude, d'une telle ampleur et avec cette méthodologie, est réalisée sur cet aspect », avance Yves Bonichon, du service Transport et risques routiers, de la préfecture du Puy-de-Dôme.
En tant que première, celle-ci servira de base. Les données, en effet, seront réévaluées chaque année pour permettre d'analyser les évolutions à plus long terme.
Au niveau national, « on observe une baisse supplémentaire de 20 % des accidents et de 50 % des tués par rapport à la baisse enregistrée sur l'ensemble des réseaux », continuent les services préfectoraux.
Une bonne nouvelle à pondérer.
Douze vies sauvées, ce n'est pas rien. Pourtant, cette bonne nouvelle mérite d'être pondérée.
En effet, cette étude note également, au niveau national, « l'augmentation des accidents impliquant les poids lourds et les deux-roues motorisés, qui sont moins sensibles aux contrôles automatiques. » En effet, les motards qui n'ont pas de plaque d'immatriculation à l'avant, ne se soucient pas toujours d'être pris en photo.
Cependant, si cet élément est à prendre en considération de manière générale, le service Transport et prévention des risques routiers, au niveau départemental, ne dispose pas de données statistiques suffisamment pertinentes pour se prononcer sur la question.
Faute de données précises, également, il est difficile de se prononcer sur la durabilité dans le temps de l'effet d'un radar sur le comportement des automobilistes.
EN CHIFFRES :
23 + 1
Actuellement, 23 radars fixes contrôlant la vitesse sont installés dans le département. À ceux-ci, il faut encore ajouter le radar tronçon sur l'A 75, mis en service le 9 décembre 2013 et qui, seul, a flashé plus de 37.500 fois en 2014, dans le sens sud-nord.
37
En 2014, 37 personnes ont été tuées sur les routes et autoroutes du département. À ce jour, c'est également le nombre de victimes d'accidents mortels pour l'année 2015.
Jean-Baptiste Ledys